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Le journal de Victor

mercredi 30 juillet 2008

Voici deux articles extraits du Journal de Victor, en date du 5 mars 2003 et du 23 février 2005...


Le jardin solidaire


« Rien ne vaut le calme de ma banquise en compagnie de mes amis. Ça change de la ville ! », dit Victor.

Tu sais, je connais un endroit calme en plein cœur de Paris. On peut aussi s’y retrouver entre amis. On l’appelle le jardin solidaire.

Il y a deux ans, ce n’était qu’un terrain vague entouré de murs sales ou démolis. Alors, des gens du quartier, Oumar, Régis, Olivier et Cédric, ont décidé de le transformer en lieu de vie et de rencontre. Ils ont planté des arbres, des plantes, des légumes... Ils ont aussi aménagé des allées et des bancs.

Tout au long de l’année, Oumar et les autres s’occupent d’entretenir le jardin. Et beaucoup d’adultes et d’enfants les aident. Car n’importe qui peut participer au jardin solidaire.

Souvent, ces personnes ont un faible niveau de vie. Alors, elles y apportent ce qu’elles peuvent : des qualités de jardinage ou de cuisine, leur instrument de musique ou juste du temps libre. Cela permet d’organiser des fêtes dans un lieu joli et agréable à vivre. En effet, l’été, il y a des concerts, des grands repas ou encore des jeux pour les enfants. Sur un mur, quelqu’un a même dessiné un écran blanc. Du coup, il y a parfois du cinéma en plein air. Et tout cela est gratuit bien sûr !

« Mais à qui appartient ce jardin ? », demande Victor.

Le terrain appartient à la mairie. Mais tant qu’elle ne construit rien dessus, elle laisse vivre le jardin. Le jardin, lui, n’appartient à personne. Ou plutôt à tout le monde ! Car pour garder un lieu toujours ouvert, propre, plaisant et agréable, il faut que chacun en prenne soin, par respect pour les autres. Ainsi, chacun pourra profiter pleinement de ce qu’apportent les autres. Comme il est écrit sur l’un des murs : « rien n’est à prendre, tout est à partager ».

Java.



Jardin solidaire : le construire ensemble, le défendre ensemble



"Java, avec mon ami Emile, nous sommes allés au jardin solidaire le week-end dernier... et on nous a dit que le jardin risquait de disparaître ! ?" demande Victor*.

C’est vrai, le jardin est menacé : la mairie souhaite construire un gymnase là où le jardin s’est installé et embelli au fil des années.

"Choisir entre un gymnase et le jardin"... songe Victor dubitatif.

Non non Victor, les habitants ne veulent pas choisir, les deux sont possibles. Faire du sport est important, le collège mitoyen a d’ailleurs besoin d’un gymnase. Mais si on peut décider d’édifier un bâtiment à tel ou tel endroit, un lieu comme le jardin solidaire, lui ne se construit pas du jour au lendemain. Il a une âme, une histoire, une vie, dans ce quartier, à cet endroit. Il a évolué malgré les difficultés et les aléas grâce à la participation de tous les bénévoles aux activités et festivités. Au delà du jardin en lui-même, c’est donc une manière de voir la vie du quartier qu’Olivier, Cédric, Régis, Annaïck, Christine et le reste de l’équipe défendent. Le jardin solidaire n’est pas une simple parcelle verdoyante, c’est un art de vivre.

"Comment ça « un art de vivre » ?"

Disons que c’est une conception de la vie qui ne rentre pas dans le cadre habituel des loisirs. Le plus souvent, pour faire du sport, on réserve un créneau horaire dans un gymnase, pour voir un film ou un concert, on paye un billet. Bref, on achète du loisir, et tout est cadré. La vie au jardin solidaire, c’est autre chose : chacun peut participer à développer et partager ses loisirs, aider à organiser, et s’approprier le lieu dans le respect des autres, le faire vivre, l’embellir, lui donner une âme, y organiser des concerts, des films ou des parties de volley-ball. La beauté du jardin et le plaisir qu’on s’y procure, les liens humains qui se créent autour de ce lieu, tout cela se construit avec du temps, au fil des années. Détruire le jardin ou vouloir le déménager, c’est casser cette dynamique.

Java


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