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Création d’un Collectif pour le droit des réalistes à l’utopie

mardi 12 août 2008

Le quartier Réunion a longtemps abrité un mode de vie préservé de la vie trépidante qui prévaut dans la capitale. En 2000, on trouvait encore de petits artisans. Ils travaillaient au fond des nombreuses impasses et passages qui font la spécificité du quartier, ils connaissaient leurs voisins, leur porte était ouverte. Les projets d’urbanismes déployés par la municipalité et soutenus par l’OPAC n’ont pas intégré l’importance de cette richesse humaine. La machine urbanistique organise tous les quartiers sur le même modèle, selon les mêmes normes contraignantes, les mêmes règles sécuritaires ou les mêmes intérêts clientélistes. Avant que ne passe le rouleau compresseur qui continue encore en 2008 de restructurer le quartier et sa population, certains ont essayé de faire entendre une autre voix. Dont voici l’une de ses expressions...


Quelques principes

Nous pensons que l’utopie appartient aussi aux réalistes.
Le réaménagement d’un quartier en pleine transformation peut être l’occasion de le prouver en construisant un projet fondé sur la concertation et respectueux d’intérêts et de préoccupations dont la convergence n’apparaît pas évidente, mais que l’action publique a précisément pour mission de concilier.
Il ne s’agit de rien de moins que de faire fonctionner, à l’échelle d’un quartier, la démocratie participative.
D’ores et déjà, l’existence de Commissions et d’un Conseil de quartier actifs et avertis offre les relais qu’elle suppose.
Nous entendons, par leurs canaux, faire remonter plus complètement l’information en sorte que nos élus aient une meilleure appréciation des besoins et des désirs des habitants que celle qu’ils ont actuellement. Car tout montre que leur approche repose encore bien trop souvent sur une vision partielle et distante de leurs aspirations.

Nous voudrions ainsi que soient notamment prises davantage au sérieux les questions :

  • de la préservation de la voirie traditionnelle (passages et impasses) qui donne à ce quartier sa physionomie propre, avec les formes de circulation qui lui sont liées
  • du lien entre groupe sociaux et ethniques divers
  • de la place accordée aux différents types d’espaces verts
  • du maintien ou de la création d’espaces ouverts et créatifs pour les enfants
  • de l’endiguement de la circulation automobile.

Ces questions sont liées entre elles : elles ne sont malheureusement concrètement posées que lors d’arbitrages dont, tantôt les uns, tantôt les autres sont exposés à faire les frais, au gré de transactions dont la transparence laisse trop souvent à désirer. Pour mémoire citons : le Centre Social, le projet de gymnase et de terrasse plantée gérée par Le Béton St Blaise, les petits pierrots, le Jardin Solidaire, le jardin écolier de l’école Vitruve ...

Nous voudrions qu’un terme soit mis à une gestion des problèmes qui veut que la victoire de l’un soit toujours la défaite de l’autre.
Nous voudrions que nos édiles se déplacent davantage sur les lieux où il se passe quelque chose, qu’ils écoutent davantage et sans exclusive, en inventant par exemple des modes de consultation qui permettent de prendre plus formellement et plus largement en compte le point de vue des moins de dix-huit ans et des non-français.

Pour aller dans ce sens, celui d’une utopie dont nous maintenons qu’elle est on ne peut plus réaliste, puisque qu’elle rompt avec l’aveuglement sur l’avenir que nous nous préparerions en refusant de l’envisager, nous sommes engagés dans un combat. Mais ce n’est pas dans un combat frontal avec quiconque. Nous sommes des citoyens désireux de contribuer à la réussite d’une politique qui ferait le choix de cette orientation.
Encore faut-il que cette orientation soit prise !
Nous sommes aussi des citoyens décidés à y pousser, de toutes les forces dont nous nous savons porteurs.

Pétition


Pour une réponse aux demandes des habitants du quartier dans leur diversité
Oui à un projet global
Oui à l’organisation d’une large consultation d’aménagement du quartier

Un certain nombre de débats récents, notamment autour de la construction d’un gymnase à l’emplacement du Jardin Solidaire du XXe ont fait plus que jamais apparaître la nécessité de s’inscrire dans la recherche d’une solution globale permettant de concilier des intérêts et des préoccupations en apparence contradictoires. Nous sommes convaincus que cela est possible et que le défi mérite d’être relevé. À titre d’exemple, nous n’avons pas le sentiment que la faisabilité de la construction du gymnase sur le site du TEP, notoirement sous-utilisé, a été l’objet d’une étude approfondie. Nous demandons à la Mairie de ne pas exiger la renonciation à la part de rêve d’un quartier réapproprié par ses habitants et de prendre toutes ses responsabilités en présentant, pour éviter à terme le risque d’une dégradation sérieuse du climat général, un projet concerté d’aménagement pour l’ensemble du quartier (Vignoles-Réunion-Fontarabie) qui ferait l’objet d’une consultation de tous ses habitants.


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